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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 14:33

L'article qui suit, relevé dans le quotidien Présent du vendredi 11 juin, résume l'état d'esprit dans lequel se trouve une police nationale de plus en plus défiante à l'égard de la classe politique et de sa hiérarchie.

 

Cité ethniques : des policiers dénoncent leur hiérarchie, la Place Beauvau et l'Elysée

 

Sur Arte, mardi soir, un magazine "Que fait la police ?" a donné la parole à des flics de la base qui sont sur le terrain dans les cités. "Au casse-pipe", comme ils disent. Révélations édifiantes qui vont mille fois plus loin que ce que tentent à peine d'aborder parfois les syndicats de police français. Des accusations graves contre leur hiérarchie, contre la Place Beauvau, contre l'Elysée. Et très inquiétantes pour l'avenir au vu de la stratégie choisie par le gouvernement. On comprend pourquoi cela va de mal en pis dans les affrontements avec les bandes ethniques.

  Pour le pouvoir Sarkozy aux manettes, tout comence avec les émeutes de Villiers-le-Bel en novembre 2007. L'attitude de Nicolas Sarkozy à ce moment sera l'acte fondateur de sa soi-disant "politique sécuritaire" comme nous avons eu l'occasion  de l'écrire dans Présent. Pendant ces semaines d'émeutes, 150 policiers sont blessés par balles, un fait sans précédent dans les banlieues françaises. Un policier de la section de sécurisation Bravo témoigne à visage flouté et voix modifiée dans l'émission d'Arte :

  "Ce soir-là, à Villiers-le-Bel, nous avons vu nos collègues tombés au sol, blessés au genou, au dos, à la main. Nous avons alors réalisé qu'un "jeune" de 17 ans nous tirait dessus au fusil à pompe. Dans ma seule section, 17 policiers sur 21 ont été touchés."

  L'un des policiers porte la main à son arme pour riposter. "Ne le fais pas", lui conseille son supérieur. Certains policiers veulent également alerter immédiatement les grands médias et raconter ce qui se passe à Villiers-le-Bel : "Via la hiérarchie, la Place Beauvau et l'Elysée, témoigne encore l'homme de la section Bravo, on nous a dit de la boucler, qu'on risquait notre carrière." On leur a aussi promis 600 euros de prime en échange de leur silence, raconte-t-il. Et en compensation des blessures et handicaps de ceux qui ont définitivement perdu l'usage d'un genou ou d'un oeil et qui ne "feront plus jamais de police". Les 600 euros de prime se sont transformés en 300 euros de "bons cadeau"...

  A l'époque, Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie ont félicité et décoré les forces de police pour leur "attitude exemplaire" (sic). L'attitude exemplaire qui sonsiste à se faire tirer dessus sans riposter. Tout était dit, tout était joué pour la suite.

  "Les armes, il faut les sortir le moins possible", c'est le mot d'ordre dans ma brigade, témoigne un gardien de la paix à visage découvert celui-là. "Il ne faut surtout pas agresser ces "jeunes" visuellement, sinon ça dégénère." Parce que 150 policiers blessés par balles ce n'est pas le signe que ça a déjà bien dégénéré ?

  Ce même gardien raconte q'un jour il a tiré au flash-ball contre un voyou qui fonçait sur lui en scooter et qui était sur le point de le percuter. Le policier était en état de légitime défense. La justice n'a rien trouvé à redire. Mais c'est son commissaire qui lui a collé une enquête administrative sur le dos et l'a sanctionné.

  Les policiers de plus en plus écoeurés par les promesses non tenues de Sarkozy et par leur désarmement physique et moral, manifestent le plus souvent de façon isolée, trahis par des syndicats qui esquivent les vraies questions politiques au profit de guéguerres syndicales, électorales, professionnelles, dérisoires.

  Lors des obsèques du major Patrice Point tué en service, écrasé par un 4X4 conduit par des voyous, douze policiers ont ostensiblement effectué un demi-tour sur eux-mêmes et tourné le dos à Sarkozy lorsqu'il a commencé son discours la main sur le coeur. Une manifestation de mécontentement qui ne manquait ni de gueule ni de courage. Ces douze policiers risquent la révocation. Il est bien dommage que les milliers de policiers présents n'aient pas suivi le mouvement.

  Caroline Parmentier

Présent du 11 juin 2010

 

 

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